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“Mes Frères” au cinéma le 4 juillet 2018 !

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Maladies rares

Découvrez l’interview de Bertrand Guerry, réalisateur du film « Mes frères » qui traite des relations particulières entre frères et sœurs, de la maladie et de son rapport au corps, d’une amitié naissante entre deux enfants, d’un souffle de liberté, le tout porté par une BO volontairement très présente.

C’est une histoire de famille, celle de deux frères, Eddy et Rocco, anciennes gloires de la scène « Rock Indé » à la fin des années 90. Dix ans plus tard, ils défilent en tête de la fanfare locale d’une île isolée. Et isolés ils le sont à plus d’un titre, l’un est atteint d’une maladie incurable et l’autre s’enferme dans le mutisme. Un soir, leur sœur Lola réapparaît dans leur vie. Les souffrances humaines ont brisé les cœurs, meurtri les corps et enfoui la parole, mais la joie va renaître de la fraternité.

  • Comment s’est écrit le scénario ?

J’ai écrit une première version de scénario à quatre mains avec mon frère, Thomas Guerry. Le film s’appelait Back Home. En 2013, nous avons trouvé des producteurs prêts à financer le film. Un casting, des repérages et des essais ont été réalisés mais le projet est resté inachevé. C’est en 2015 que Sophie Davout, qui partage ma vie, décide de reprendre l’écriture du scénario. Avec Thomas, on lui donne carte blanche. Il était important pour moi que le film ait une couleur féminine. J’aime savoir qu’une femme s’est appropriée des personnages si masculins comme Rocco et Eddy. L’aventure reprend alors et c’est reparti pour plus d’un an d’écriture, de relecture, d’échanges et de discussions. Une première version intitulée Mes Frères voit le jour en septembre 2015. S’en suivent alors des repérages, des rencontres, des répétitions et de nouveaux essais. Un nouveau casting est mis en place et une équipe technique est mobilisée. Les premiers repérages confirment le choix de l’île d’Yeu. Les paysages sont magnifiques et l’accueil plus que chaleureux.

  • Pourquoi avoir choisi une fraterie composée d’une sœur et deux frères ?

À l’origine, j’ai voulu traiter d’un sujet qui me passionne dans mon quotidien comme au cinéma : la fratrie. Cette relation toute particulière que des frères et soeurs peuvent partager me fascine. L’élaboration de ce scénario est donc basée sur les liens forts, délicats et singuliers des fratries. J’avais besoin d’une soeur qui vienne bousculer ses deux frères. Ce fossé béant qui sépare les hommes des femmes en termes de communication n’impacte pas uniquement les couples, c’est vrai aussi dans les fratries. Pourquoi ce qui paraît simple à expliquer pour les femmes est-il si compliqué pour les hommes ? Dans Mes Frères, l’arrivée de la soeur va bousculer le film. Le temps a filé sur l’île sans que Rocco et Eddy ne s’en aperçoivent. C’est en découvrant ce qu’est devenue Lola que nous prenons toute la mesure du temps qui s’est écoulé et qui leur a échappé.

  • Pourquoi avoir choisi une île comme décor ?

L’île d’Yeu concentre une grande diversité de paysages : il y a de longues plages et des dunes côtières fixées par des bois de résineux, une côte sauvage aux falaises altières enserrant des criques de sable blond, des landes à l’herbe rase, des chemins creux qui sillonnent les combes et côtoient les falaises. En tournant sur cette île, nous disposions d’une riche et belle palette de paysages, plus sauvages les uns que les autres, mais aussi d’une diversité de lumières. Le temps change souvent sur l’île. C’est une de ses forces. Nous pouvions débuter une journée sous la pluie et la terminer sous un grand soleil et vice versa. Même si cela a parfois rendu le tournage plus complexe, la multiplicité des couleurs et des lumières est, à chaque instant, toujours époustouflante sur l’île. Ce décor naturel puissant donne un véritable sentiment de liberté au film et accentue encore davantage, à l’inverse, l’immobilité de Rocco, de plus en plus prisonnier dans son corps.
Être sur une île renforce aussi l’esprit d’équipe. La cohabitation avec les islais a été chaleureuse et porteuse d’une belle collaboration. Certains habitants ont participé activement au tournage et nous ont mis à disposition leurs décors (cabanes, maisons, bars…), d’autres ont figuré dans de nombreuses scènes du film et ont été d’une grande aide pour la logistique du tournage. La fanfare de Saint-Hilaire, le club de Twirling et bien d’autres habitants ont participé, de près ou de loin, à la fabrication de ce long-métrage. Nous pouvons dire que l’île d’Yeu, plus qu’un décor, est un personnage à part entière du film Mes Frères.

  • Pourquoi avoir choisi cette maladie rare ?

En 2014, j’ai rencontré Alexandre, 4 ans, atteint de la FOP appelée aussi Maladie de l’Homme de Pierre. J’ai réalisé un film de sensibilisation avec lui autour de la maladie pour récolter des fonds pour la recherche. La FOP est une maladie génétique extrêmement rare et orpheline de traitement qui enferme le malade dans un deuxième squelette. Je filme des danseurs depuis des années avec des corps bien vivants qui se déploient. Je pensais que j’étais ainsi capable de mettre en scène un corps qui se cristallise par le relief d’un autre qui s’envole.

  • Pourquoi avoir choisi de ne jamais la nommer ?

J’ai décidé de ne pas nommer la FOP puisque le film n’était pas là pour nommer une maladie rare. Le silence fait parti très souvent du diagnostic ou des remèdes pour une maladie rare. L’économie des mots raconte aussi le quotidien des familles et puis je voulais poser un regard finalement sur l’ensemble des maladies rares en n’en citant aucune.

  • Comment avez-vous choisi David Arribe ?

J’ai rencontré David sur des plateaux de théâtre. Il a joué une trilogie de Hugo Paviot. Il était à l’honneur dans des pièces de théâtre mais n’avait jamais été mis en scène dans un long métrage, sur un premier rôle. Je savais qu’il était capable d’endosser le rôle de Rocco. J’avais confiance en son investissement et son talent.

  • Comment a-t-il travaillé le rôle de Rocco ?

J’ai collaboré avec mon frère Thomas, chorégraphe, pour poser ensemble la notion du corps et de ses états qui permet de cadencer naturellement l’histoire. Nous avons donc travaillé ensemble sur le personnage de Rocco et sa métamorphose physique suivant l’évolution de sa maladie. Du mouvement jusqu’au point d’équilibre : une imperceptible chorégraphie s’installe alors. À la fin des années 90, Rocco était une force de la nature. Un corps en mouvement sans retenue. Un corps jeune, bien en vie. Puis, progressivement, il perd l’usage de ses jambes et de ses bras, déclinant tout au long du film jusqu’à l’immobilisme total. Il est alors plongé dans un mutisme corporel en opposition avec l’évolution du corps de son fils Simon, qui grandit. Le travail sur le déclin du corps de Rocco s’est révélé être primordial afin que l’on puisse s’attacher à ce personnage. Nous sommes allés chercher le juste état de corps pour représenter au mieux chacune des étapes de la maladie. Dans le monde chorégraphique, nous sommes sans cesse à la recherche de contraintes corporelles afin de trouver une manière singulière de se déplacer. Dans ce film, la contrainte essentielle fut le handicap qui poussa le corps du comédien dans ses retranchements. Thomas a imaginé pour lui des émotions corporelles. Il s’est attaché à nourrir son imaginaire, lui a apporté toutes sortes de contraintes physiques et l’a plongé dans une réelle fatigue afin de lui faire ressentir un état authentique. Nous avons alors défini les parties du corps qui ne répondaient plus pour avancer avec ces contraintes, explorer les différentes manières de se mouvoir avec un membre qui se paralyse.
Puis, élargir le champ d’action comme si le corps s’immobilisait un peu plus encore, définir une chorégraphie du corps qui se détruit, imaginer une démarche de plus en plus heurtée, de plus en plus saccadée. Le langage du corps nous a permis de savoir où se situait la douleur. C’est la représentation directe du mal qui ronge Rocco dans ce film.
Du mouvement gracieux vers l’immobilisme. Telle est l’évolution qu’il nous a fallu atteindre. Tel est le travail que nous avons dû fournir pour préparer au mieux le comédien à emprunter ce chemin.
Sa rencontre avec Alexandre fut elle aussi déterminante pour nourrir David de l’intérieur. David a découvert ce que provoquait les poussées osseuses dans le corps : “C’est comme des dizaines d’aiguilles qui pénètrent dans mes muscles” lui disait Alexandre. David s’est servi de ces mots pour vivre le film de l’intérieur sans jamais tomber dans le mimétisme. 

  • Qu’est-ce que le label « Cinéma Equitable » ?

Chaque année, le label « Cinéma Équitable » met en lumière un nouveau film de qualité, produit avec des moyens limités, dont l’histoire aborde un sujet pour lequel, dans la vie réelle, des associations se battent au jour le jour. Ce label permet d’avertir le spectateur en toute transparence de l’engagement de ce qu’il voit et le soutien qu’il défend auprès d’une association. Pour Mes Frères, c’est l’association FOP France qui est mise à l’honneur.

  • Comment s’est passée la collaboration avec l’association FOP France ?

Nous avons échangé avec l’association FOP France dès l’élaboration du scénario. Nous voulions obtenir leur aval sur la manière dont on comptait mettre en scène le film. Ensuite, tout a été extrêmement simple et nous avons tourné le film à leurs côtés, en respectant nos intentions de départs et nos désirs de réaliser un film fort.

Pour en savoir + : 
Le site web : “Mes frères”
Le site web : Association FOP France
https://www.facebook.com/MESFRERESLEFILM/videos/1791147630947270/
https://www.facebook.com/MESFRERESLEFILM/videos/1680893115306056/

Liste (au 2 juillet) des villes et des cinémas projetant le film : http://www.mesfreres-lefilm.com/dates-de-projections.html

 

 

 

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